Aujourd'hui j'ai peur. Peur plus que d'habitude. J'ai peur que les vacances arrivent trop vite, peur de ne pas m'habituer à toi. Peur de trop m'attacher. Peur d'arriver & de partir. Non je ne suis pas grande ni responsable, je préfèrerais rester cachée sous ma couette plutôt que de venir te voir, devoir affronter ce que l'on à toujours évité au fils des années: se revoir. Tu me rend malade, je n'arrive même plus à manger tellement je suis effrayée. Je suis horrifiée à l'idée de pleurer, pas devant toi tu ne le mérite pas. J'ai mal au c½ur, pas un mal qui s'assimile à une nausée, non quelque chose de plus profond qui m'agrippe jusqu'à en perdre mon souffle. Comment puis-je te considérer comme quelqu'un de familier, tout ce que tu as fait c'est me détruire à petit feu. Éviter ton regard, tes paroles, et tes gestes, c'est ce que je désirerais, même si je sais que tout restera ancré dans ma mémoire jusqu'à repasser en boucle. La dernière fois que l'on s'est vu j'avais 12 ans, cinq ans ont passé et rien n'a changé. On ne s'est pas plus parlé qu'avant.On a pas plus regardé la vérité en face qu'il y à 5 ans. Le jour où tu es partis tu as tiré un trait sur ton passé et sur moi, alors pourquoi essayer c'est vain, et ça ne fait que nous faire souffrir réciproquement. Tu n'as pas besoin de culpabiliser pour moi, ce qui est fait est fait, et il est trop tard pour recoller les morceaux. Du moins, je n'en éprouve pas la force ni l'envie. Tu es la face cachée de ma vie, le secret qui m'habite au quotidien, la peur constante du futur. 17 ans de plus, 17 ans de moins c'est pareil tu sera toujours celui qui est parti, celui qui n'as pas souhaité que je fasse partie de sa vie. J'ai tellement de choses à dire, à te reprocher, je ne pourrais même pas commencer tellement la liste est infinie. J'ai essayé de te comprendre plusieurs fois, de me mettre à ta place, mais tu reste quand même un grand mystère. J'ai appris petit à petit à faire & construire ma vie en ton absence, tu me tue de réapparaitre quand tout semble aller mieux. Je me suis toujours dit que c'était étrange d'avoir deux parents, pour moi les pères n'existaient pas puisque je n'en ai pas. Même si les quelques personnes étant au courant de notre situation ne me comprennent pas & m'affirme que tu en as quelque chose à faire de moi & que ce n'est pas de ma faute, ils ne savent pas tout. Un jour je lui raconterais, quand j'aurais la force et le courage d'affronter à nouveau ses images. Parce que pour l'instant ces blessures restent béantes, il me faut du temps, beaucoup. Un jour mon amour je te dirais tout, promis, quand je me sentirais prête à rouvrir cette partie de moi qui à été mise sous clef. Je sais que tu pense que c'est juste entre ma mère & lui, et qu'il faut savoir accepter cette absence sans penser que j'en suis la cause. Un jour je te dirais. Je t'aime plus que tout, tu m'aide à avancer dans la vie sans trop y penser, et quand parfois c'est trop dur, je ferme les yeux et je reste blottie dans le creux de tes bras, protégée & apaisée. Merci d'être là. Tu es le seul à ne pas me laisser.